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Conseil départemental 13 – Séance publique du 30 juin 2017

Décision Modificative n°1 (DM1 2017)

SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

Madame La Présidente,

Mes chers collègues,

Une fois de plus, au nom de notre groupe, je tiens à saluer le Colonel Ferrand pour sa présentation. Et je tiens également à saluer l’ensemble des soldats du feu (Sapeurs-Pompiers des Bouches du Rhône, Marins Pompiers de Marseille, volontaires de réserve…), qui cet été ont combattu et protégé nos forêts, la biodiversité et les maisons des Provençaux. Nous voyons combien les incendies de l’été sont dévastateurs et parfois meurtriers.

Oui, merci à nos soldats du feu, auxquels sous votre impulsion, Madame la Présidente, notre institution a su prouver sa gratitude en allouant au SDIS d’importants moyens supplémentaires. C’est de bonne gouvernance !

Alors encore bravo et merci aux soldats du feu !

Les rapports 2 et 3 présentés aujourd’hui confirment ces orientations, et il va de soi que notre soutien est acquis.

La Décision Modificative du Budget présentée aujourd’hui au vote de notre Assemblée, produit quelques ajustements à la marge par rapport au budget primitif voté en mars dernier. Nous aurons donc peu d’éléments à ajouter par rapport à la dernière séance.

Il est vrai qu’entre temps nous avons apprécié quelques gestes importants et nécessaires, je dirai même – des gestes solidaires de votre part. Je pense à l’ouverture des centres d’hébergement de Pressensé et de l’Arbois pour accueillir des sans-abris et des enfants mis ici en protection. Cela va dans le bon sens.

Vous avez su être réactive au moment de la crise que traversent les Maisons Départementales de la Solidarité et le personnel des MDS. C’est un premier pas et nous vous félicitons.

Nous avons pris note des efforts que vous consentez pour l’hébergement d’urgence. Notre Département en manque cruellement comme l’a souligné le rapport du Sénat du 14 décembre 2016. Nous considérons aussi que les agréments de famille d’accueil sont la meilleure solution.

Nous connaissons les difficultés rencontrées par ces personnes dévouées : problèmes de statut, manque de valorisation, besoin de formation supplémentaire. Il nous appartient de susciter des vocations dans ce domaine.

Mais ces dernières semaines et ces derniers mois, nous avons eu de multiples raisons de nous inquiéter. L’absence d’infléchissement des orientations budgétaires que vous avez fixées, nous inquiète toujours d’avantage.

Les conséquences sont déjà dommageables, pour les familles précaires et leurs enfants, pour les personnes isolées, pour nos séniors, ou encore pour les populations dans certains quartiers de Marseille.

Concernant l’investissement pour Marseille, soyez rassurée nous soutiendrons ce plan, notamment pour rénover les façades de nos quartiers, ou encore créer des jardins partagés. Cependant ce plan ne va pas encore assez loin pour aider les quartiers les plus pauvres.

En, effet, le 3ème arrondissement de la ville, le plus pauvre de France et l’un des plus pauvres d’Europe, ne reçoit à ce jour pas plus de 1% et les 15ème et 16ème arrondissements seulement 1.8% de la répartition territoriale de l’enveloppe.

Nous vous rappelons la promesse que vous aviez faite de rééquilibrer les dépenses et nous vous pressons d’œuvrer dans le sens d’une plus grande égalité entre les territoires et pour l’égalité entre les citoyens.

Le Conseil Départemental doit jouer son rôle d’amortisseur social, il doit être aux côtés des plus fragiles, aux côtés de ceux que notre société a laissés au bord de la route.

Il le doit d’autant plus que l’urgence sociale est là, comme en témoigne cette  centaine de mineurs étrangers isolés encore livrés à eux-mêmes dans le Département.

L’emprise de réseaux mafieux et parfois de prostitution est réel, brutal, indigne. Nous avons bien noté que la justice contraint le Département à prendre en charge certains mineurs étrangers isolés.

Notre responsabilité morale, devrait nous inciter à aller de manière volontaire vers les autres mineurs étrangers isolés, ceux que nous ne voyons pas et qui sont aujourd’hui écartés de la protection que nous pourrions leur offrir.

Nous souhaitons vous faire savoir, chers collègues, que nous soutenons totalement votre demande auprès de l’Etat, pour que de nouveaux fonds soient débloqués à cet effet.

Si l’Etat est responsable légalement de mettre en protection les personnes sans-abris, si notre territoire est effectivement sous-doté, notre Institution est quant à elle tributaire de la devise de la République : Liberté, de vivre émancipé des réseaux mafieux, Egalité entre les humains, qu’ils soient Français ou étrangers sur le territoire, Solidarité, avec toute personne dans le besoin. C’est cela notre mission, c’est cela nos convictions.

D’ailleurs, vous devez le savoir : des familles avec enfants scolarisés ont été – et  pour certaines d’entre elles sont toujours – sans toits depuis des mois. Ni dans le froid de l’hiver, ni dans la chaleur de l’été, nous ne pouvons accepter que des enfants subissent la pauvreté avec autant de violence.

Notre groupe souhaite que notre Département s’engage dans une politique qui vise à offrir « un toit pour tous » et surtout un toit pour chaque personne dans le besoin.

Vous dites « accélérer », Madame la Présidente, mais nous ne souhaitons pas que dans cette course vous laissiez les plus fragiles derrière vous.

Mettons cette politique en place, dans un esprit d’ouverture, sans opposer les dépenses : les poches des pauvretés extrêmes doivent être résorbées en même temps que nous menons des politiques publiques en direction des classes moyennes comme Ecorénov pour la rénovation énergétique des logements privés.

Nous sommes donc inquiets, car visiblement votre agenda politique se limite parfois à des annonces. Des gestes ponctuels – et nous vous remercions car chaque geste de solidarité est bon à prendre. Mais oui nous sommes inquiets. Nous constatons que seules quelques tentatives d’alertes de notre part, sur de nombreux sujets, ont reçu des réponses positives.

Nous constatons également que lorsqu’un dialogue s’installe, nous parvenons à améliorer des situations, et nous souhaiterions que cela continue et que cela s’amplifie. Nous portons les doléances des citoyennes et des citoyens de nos cantons, et nous voulons pouvoir les aider comme ils le méritent. Ils n’ont pas élu des Conseillers socialistes et écologistes en leurs noms pour se retrouver sanctionnés.

Ils veulent pour leurs cantons une politique écologiste et sociale, et nous devrions pouvoir travailler pour eux, dans un esprit d’ouverture et de dialogue.

C’est une responsabilité qui dépasse nos  clivages idéologiques.

Enfin, Je voudrais évoquer ici avec vous, et sans polémiques, le climat social de notre Institution.

Ces derniers jours un climat pesant plane sur l’Hôtel du Département.

La gouvernance de notre maison doit mettre l’humain au cœur de son action.

Chaque agent mérite considération et les mouvements de personnel doivent s’effectuer dans le plus grand respect de chacun.

C’est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur.

Pour conclure cette intervention, nous considérons que ce rapport de Décision Modificative du Budget ne vient malheureusement pas infléchir votre politique en faveur des plus fragiles.

Nous restons vigilants sur le climat social de notre institution. Veillons à ce que la situation ne se dégrade pas d’avantage. Et nous tenions à remercier à ce titre le travail d’accompagnement et de vigilance des syndicats.

Madame la Présidente, mes chers collègues, le groupe Socialiste et Ecologiste s’abstiendra donc sur la Décision Modificative du Budget présentée aujourd’hui à nos suffrages.

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