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Compte-rendu de l’audience du vendredi 9 septembre 2016

Avec Monsieur Loïc Rocard

Conseiller spécial et Chef du pôle Conseiller énergie, transport, environnement, logement au Cabinet du Premier Ministre, Monsieur Manuel Valls

En Préfecture de Marseille

L’accueil dans la salle de réunion de la Préfecture est distant, la délégation écologiste commence tout d’abord par se présenter et rendre compte de la situation aux deux interlocuteurs, représentants de l’Etat.

Présent(e)s à la réunion de crise :

  • Michèle Rubirola, Conseillère Départementale des Bouches-du-Rhône, élue à Marseille
  • Rosy Inaudi, Conseillère Départementale des Bouches-du-Rhône, élue à Gardanne
  • Olivier Dubuquoy, Géographe et animateur de la pétition « Interdire les rejets toxiques en mer » (Change.org)
  • Sébastien Barles, collaborateur et représentant de Michelle Rivasi, Eurodéputée du Sud-est
  • Théo Challande, porte-parole EELV Marseille 4-5

 

Michèle Rubirola –

Présentation de la délégation

« Je laisse la parole à Rosy Inaudi, élue de Gardanne ».

 

Rosy Inaudi –

Présentation d’Alteo, de son histoire d’entreprise et du problème des rejets en mer dans les Calanques et en terre à Mange Garri.

« Les filtres presses qui ont été mis en place permettent de filtrer les boues rouges qui sont maintenant déversées à Mange Garri en terre, il reste un effluent liquide toxique dans les Calanques. C’est toute la faune et la flore qui est imprégnée par la pollution ».

 

Michèle Rubirola –

« Europe Ecologie – Les Verts soutient la société civile, les employé(e)s d’Altéo, les pêcheurs et les riverains qui luttent contre la pollution de l’entreprise Alteo.

Nous voulons sortir de cette réunion avec un accord qui nous rapproche des positions de Madame Ségolène Royale, Ministre de l’environnement et de la mer. »

 

Olivier Dubuquoy –

« Je représente une partie de la communauté des pêcheurs, des riverains et des opposants à cette pollution. Nous avons fait des recours en justice et nous avons obtenu satisfaction auprès de La Commission d’Accès aux Documents Administratifs qui a affirmé que nous avons droit à l’accès et à la communication intégrale des documents détenus par l’administration sur la reconduction de cette pollution sans même qu’aient à être occultées d’éventuelles mentions couvertes par le secret industriel et commercial.
C’est une décision sans précédent qui conforte le droit à l’information en matière d’environnement. Mais la note interministérielle que vous nous avez envoyé est blanche, tout est effacé. Vous refusez le dialogue.

Notre position et nos exigences concernent 5 points :

  • L’arrêt immédiat des rejets toxiques en mer conformément à l’arrêté de 1995
  • Le démantèlement de la canalisation et la remise en état des sites pour qu’Altéo ne puisse pas organiser son insolvabilité
  • Les déchets toxiques stockés à terre doivent être confinés et leur impact environnemental maitrisé
  • Nous demandons l’arrêt des valorisations des déchets (utilisation dans le BTP, etc.) pour mettre en œuvre le principe constitutionnel de précaution vis-à-vis de la Bauxaline.
  • Je ne connais pas d’écologiste qui soit contre l’emploi, nous demandons le reclassement par l’Etat des 350 emplois directs d’Alteo

 

Nous avons 300 000 signataires sur la pétition, le mouvement se structure, le mouvement prend de l’ampleur. Il vous faut agir. »

 

Michèle Rubirola –

«  Je suis aussi médecin de santé publique (Médecin-ajointe à la Caisse Primaire de l’Assurance Maladie des Bouches-du-Rhône), je mesure la nécessité d’agir pour éviter un scandale sanitaire. C’est peut-être déjà trop tard.

Notre gouvernement de gauche doit prendre pleine conscience des risques que l’on fait porter aux riverains et aux citoyennes et citoyens en général.

L’intérêt industriel et économique doit arrêter de primer sur la santé ».

 

Sébastien Barles –

« Suite à la diffusion du reportage Thalassa, l’opinion publique a pris conscience de ce scandale. »

 

Rosy Inaudi –

« On ne comprend pas pourquoi  Alteo ne mettrait pas un investissement pour mettre en place les filtres pour éviter les rejets toxiques liquides dans les Calanques ? Pourquoi ne veulent-ils pas investir ? Parce qu’ils veulent fermer boutique dans 6 ans. »

 

Olivier Dubuquoy –

« Aujourd’hui nous subissons une pollution à terre et en mer subventionnée par le contribuable via l’agence de l’eau, nous avons remplacé le système de pollueur payeur par celui de pollueur payé. Nous sommes sous la menace d’une disparition des emplois d’Alteo, et d’une fuite d’Alteo fasse à ses responsabilités pour réhabiliter les sites pollués. ».

 

Loïc Rocard (débit de parole très lent) –

« Au risque de vous décevoir, on s’entend bien à converser, mais je ne peux pas parler au nom du Premier Ministre »

 

Michèle Rubirola –

« C’est pour ça qu’on voulait le rencontrer lui. »

 

Loïc Rocard –

« Il n’y aura pas d’annonce. Mais il n’y a pas de tabou non plus : le public a financé pour moitié, 30 000 millions d’euros, c’est ça ? Je ne suis pas très au fait de ces chiffres… l’investissement d’Alteo pour arrêter de polluer.

Je ne suis pas sûr que toutes vos critiques énoncées justifient du point de vue du contribuable de dire que l’aboutissement n’est pas suffisant.

Il n’y a pas d’erreur d’appréciation du Premier Ministre sur les investissements, soyez-en assurés.

Les points de satisfaction dont vous faîtes part, c’est bien l’enjeux que nous avons, de finir cette histoire avec des eaux d’arrosage. »

 

Sébastien Barles –

« Quelles sont les raisons qui ont motivé Monsieur Valls à prendre la décision de reconduire l’autorisation de déroger à la Loi ? »

 

Loïc Rocard –

« Je ne parle pas au nom de Manuel Valls. Le process industriel d’Alteo a été stoppé et remplacé par un autre. Nous avons accordé le délai supplémentaire vu le nouveau process industriel.

Passons sur le passé qui hélas est passé. Ce qui intéresse les institutions publiques, c’est l’avenir. On traite avec Alteo et son nouveau process, c’est comme une entreprise nouvelle avec un nouveau process. L’ensemble des administrations compétentes ont donné leur avis favorable.

Le Premier Ministre n’est pas mal à l’aise sur la solution d’avoir accepté les rejets liquides (NDR : toxiques !) en mer.

(…) |Interventions de la délégation des écologistes]

« Où faut-il rejeter ? En terre ? En mer ? »

 

Olivier Dubuquoy –

« Ni l’un, ni l’autre ! »

 

Loïc Rocard –

« Le Premier  Ministre est attaché aux institutions publiques »

 

Sébastien Barles –

« La conférence environnementale a été l’occasion pour le Président de dire qu’il y a une carence dans les institutions publiques sur les questions environnementales. Vous ne pouvez pas être dans le déni et dire que nos institutions démocratiques vont pour le mieux. »

 

Olivier Dubuquoy –

« Le 27 septembre sera rendu par le CNRS (l’OHM) l’étude sur les poussières. »

 

Michel Rubirola –

« Nous, écologistes, nous sommes pour la sauvegarde des emplois d’Alteo, ne vous trompez pas, mais aussi des 600 à 900 emplois de la pêche menacée par la pollution, et les emplois liés au tourisme. L’impact sur le Parc National des Calanques, Natura 2000, c’est un perte de crédibilité pour ce label ».

 

Olivier Dubuquoy –

« La majorité des personnes qui ont milité pour la création de ce parc, les pêcheurs, on se sent trompé.

C’est pas les brevets de François-Michel Lambert qui vont sauver la situation.

Il faut une reprise en main du dossier. »

 

Théo Chalande –

« Monsieur Rocard, contrairement à ce que nous avions demandé, vous ne nous accordez pas une réunion de crise qui nous permette de sortir avec des solutions. Nous en prenons acte.

Nous vous demandons donc à ce que l’Etat  s’engage et donne des réponses sur les exigences que nous portons :

  • La réalisation d’une étude indépendante sur l’installation de filtres sur les rejets d’effluents liquides toxiques en mer
  • Deux études indépendantes sur le stockage des Boues Rouges, d’abord concernant l’impact environnemental hydrogéologique par exemple et aussi sur la toxicité des poussières
  • Surtout, nous demandons à ce qu’Alteo pose sur la table un plan de reconversion de son activité pour sauver les 350 emplois et que ce plan soit réalisé par un bureau indépendant.

 

Nous voulons un engagement de l’Etat pour que ces points soient mis en œuvre. Peut-être que ça pourra participer à un regain de crédibilité pour le gouvernement. »

 

Rosy Inaudi –

« Je vous remets une lettre écrite par un pêcheur dans les années 80. Elle est édifiante. »

 

Loïc Rocard –

« Messieurs, Mesdames, je vous remercie. »

 

Théo Challande [en off de la réunion] –

« Aurons-nous une réponse à nos exigences ? »

Loïc Rocard –

« Vous verrez. Je rendrai compte de notre décision

 

 

Reportage France 3 Paca – Vendredi 9 septembre 2016

Accueil des écologistes réservé à Manuel Valls devant la Préfecture

Personnes interviewées dans le reportage :

  • Olivier Dubuquoy, initiateur de la pétition « Interdire les rejets toxiques en mer au cœur du Parc National des Calanques » (300 000 signataires sur Change.org, pour signer cliquez ici) (Twitter)
  • Théo Challande, porte-parole EELV Marseille 4-5 (Twitter/Facebook)

Les écologistes demandent une réunion de crise #BouesRouges

Relire la lettre adressée à Manuel Valls

Signer la pétition Change.org pour interdire les rejets toxiques dans le parc national des Calanques

Joignez votre voix à celle de plus de 362 000 signataires !

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