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Discours de Michèle Rubirola, Conseillère Départementale écologiste, à la Pride Marseille – 3 Septembre 2016

Chers amis,

Aux organisatrices et aux organisateurs de la Pride, alors que nous revendiquons des avancées sociales dans le contexte politique le plus difficile, je voudrais vous dire humblement « merci et bravo ». Grâce à vous, grâce à votre énergie, grâce à votre volonté, la Pride Marseille 2016 est devenue possible.

Mais nous ne pourrons plus accepter une Pride statique, sans Marche des Fiertés à Marseille. Ce n’est pas une situation satisfaisante.

Chers amis,

J’aimerais aujourd’hui vous parler du cycle de l’ignorance.

Et pour cela, j’aimerais vous parler de Christine Boutin.

Vous rappelez vous de sa phrase pleine d’humour et d’amour et de respect pour son prochain ? « L’homosexualité est une abomination ».

Non, non, bien sûr, aucun d’entre nous n’était visé. C’était… simplement… l’homosexualité en général… pas les homosexuels… parce que l’homosexualité, c’est concept ! Bien sûr.

Un concept !

Un concept, qui mène des centaines de personnes à trouver refuge au Refuge !

Un concept, qui mène des centaines de personnes à se faire discriminer et agresser !

 « L’homosexualité est une abomination » ? Christine Boutin. 5000€ d’amende.

Le lendemain, la Justice rejette les recours contre le Mariage pour Tous. Les réactionnaires sont retoqués deux fois en deux jours.

Le surlendemain, un peu plus tard, Paul et Tony se faisaient tabasser à Marseille. La Justice a puni les agresseurs.

C’est ça, le cycle de l’ignorance : la justice punie mais n’éduque pas. Et l’histoire se répète.

J’aimerais vous parler de Noël Mamère, écologiste lui aussi, un très bon ami à moi.

Il mariait pour la première fois en France en 2004, deux hommes qui s’aimaient, alors que la loi l’interdisait.

Un peu plus tard, il expliquait : « Je n’ai pas fait un mariage de pacotille, les deux mariés sont restés une année mariés aux yeux de l’Etat ».

La politique, n’a pas besoin aujourd’hui de Christine Boutin qui rejettent avec ignorance, elle a besoin de plus de politiques come Noël Mamère, qui reconnaissent le chemin du progrès et de la paix.

Alors, je le dis, c’est bien le rôle de la loi, et non de la Justice, que de montrer la direction à suivre. Il faut avancer grâce la loi vers le progrès qui s’impose.

Nous avons besoin de lois qui nous ressemblent : Pour nous laisser « être soi », c’est-à-dire être nous-même. C’est la première revendication politique de cette Pride. La deuxième revendication de la Pride, c’est de dire que les politiques publiques doivent penser l’autre, intégrer les différences, mettre en place des programmes d’éducation.

Oui, bien sûr, c’est nécessaire. Mais ce n’est plus suffisant.

Je crois qu’il faut aller plus loin pour sortir du cycle de l’ignorance actuel.

Parce que ce cycle, c’est aussi le cycle de l’ignorance des politiques publiques par rapport à la réalité sociale.

Je suis élue écologiste au Conseil Départemental, mais surtout Médecin-Responsable adjoint à la Caisse Primaire Centrale d’Assurance Maladie des B.du Rh et je le vois tous les jours : les politiques publiques ne sont pas toujours à la hauteur.

Michèle Rivasi, qui est écologiste et Députée Européenne du Sud-Est, a montré qu’il est possible de faire 10 milliards d’euros d’économie dans la santé chaque année en luttant contre le racket des laboratoires pharmaceutiques.

Rappelez-vous le médicament Daraprim contre le VIH qui est passé de 12€ à 670€ en une nuit aux Etats-Unis? Nous avons les mêmes laboratoires ici en Europe et en France.

Nous avons le devoir de nous attaquer au prix des médicaments. Et nous ferons avancer la qualité des soins.

On peut faire des économies sur des dépenses inutiles. On peut abonder la caisse de la prévention contre le Sida. On peut éradiquer le VIH en France. C’est un objectif réaliste à moyen terme. La prévention y jouera un rôle décisif.

Je le dis, c’est moins cher et plus gaie de ne pas avoir à soigner le Sida en France.

C’est sans compter ce qu’on peut faire sans dépenser ou en dépensant peu d’argent :

  • ouvrir le don du sang et de plaquettes aux LGBT,
  • autoriser les soins mortuaires pour les porteurs du virus.

Il y a tant de petit pas à faire en politique, qui seront de grandes avancées sociales.

Pour sortir du cycle de l’ignorance, les écologistes prônent une politique sans conservateurs.

  • La sénatrice écologiste, Marie-Christine Blandin, a demandé à ce que les droits culturels s’imposent à l’Etat et aux institutions publiques.
  • Les droits culturels, c’est par exemple

  • le droit de chacun d’entre nous de voir son identité respectée en société ou au travail,
  • le droit d’entrer ou de sortir librement d’une communauté
  • le droit à une éducation scolaire ouverte sur l’apprentissage de la diversité des orientations sexuelles et des genres à l’école.
  • Les écologistes n’ont pas obtenu l’inscription de ces droits dans la Loi.

Pourtant…

  • La reconnaissance des droits culturels, c’est la possibilité d’attaquer en justice, quand les interventions scolaires sont insuffisantes voire parfois inexistantes.
  • La reconnaissance des droits culturels, c’est la possibilité d’attaquer en justice, quand les subventions publiques sont insuffisantes.
  • Les écologistes demandent l’inscription des droits culturels dans la Constitution.

Chers amis,

Et je terminerai ainsi :

« Être soi », c’est aussi et avant tout avoir des politiques publiques qui ressemblent à chacun d’entre nous.

« Penser l’autre », c’est avoir des politiques publiques qui n’oublient personne.

Les droits culturels, c’est la garantie que « être soi et penser l’autre » ne sera plus un slogan, mais une loi.

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