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Suppression de la prime de Noël et de la gratuité des transports pour les bénéficiaires du RSA. « C’est malheur aux pauvres ! » lance l’écologiste Michèle Rubirola qui voit dans le caractère « affable » de Martine Vassal « une orientation de fer dans un programme de velours ». 

[Article publié le 01]

La présidente du conseil départemental a annoncé la semaine dernière d’ambitieuses mesures issues de la concertation des « États généraux de Provence ». Un volontarisme qui contraste avec les orientations budgétaires d’austérité qu’elle a mis en œuvre jusqu’ici.

Le jeudi 28 janvier, Martine Vassal dévoilait rien de moins que la Provence de demain, ainsi qu’elle se plaît à appeler le département qu’elle préside. Dans une présentation colorée, ponctuée de PowerPoint et d’un petit film, elle annonçait avec son équipe les mesures qu’elle comptait prendre en conclusion des « États généraux de Provence ».

Ce grand projet de concertation annoncé dès son arrivée à la tête du bateau bleu en mars dernier fait la fierté de la nouvelle majorité. Au cours des cinq derniers mois, Martine Vassal se félicite d’avoir reçu 6 000 contributions d’experts mais aussi de citoyens afin de déterminer ce que devait être la fameuse « Provence de demain ». Des doléances recueillies, les services du département ont progressivement extrait la substantifique moelle, laquelle a été filtrée selon trois critères, ainsi que l’explique l’entourage de Martine Vassal : « il fallait que les propositions soient finançables, réalistes et qu’elles correspondent à notre programme. »

Présenté comme le deuxième volet du programme politique de la présidente, ce lot de mesures déploie une politique qui se veut volontariste. Il se décompose en 4 axes : solidarité, patrimoine, emploi et mobilité. Cet héritier du « plan quinquennal d’investissements » de la précédente majorité aligne à peu près le même montant, 500 millions d’euros. Parmi les annonces les plus marquantes : 300 millions d’euros supplémentaires seront alloués sur cinq ans à la mobilité.

Toujours au cours de la mandature, 130 millions viendront financer les« grands projets structurants » tels que la French tech, The camp, Henri Fabre, Piicto ou encore le « Village des marques » de Miramas. 3000 nouveaux logements seront construits et 7000 rénovés. Du moins le conseil départemental y apportera sa pierre. 36 millions iront à l’installation du très haut débit dans tout le département. Et 40 autres millions financeront les pistes cyclables. Un « inventaire à la Prévert » de l’aveu même de la présidente, consultable en intégralité ci-dessous. Il restera à vérifier si une partie des sommes promises pour la « Provence de demain » ne relève pas du jeu de bonneteau.

« DE JOLIES PHRASES, DE BEAUX DISCOURS… »

Le lendemain, le petit livret jaune regroupant l’ensemble de ces nouveautés passait de main en main dans les rangs des conseillers départementaux d’opposition. L’ambition affichée dans l’ouvrage contrastait singulièrement avec les nombreuses baisses de dépenses prévues dans le rapport d’orientation budgétaire qu’ils s’apprêtaient à attaquer en assemblée plénière.

« Je sens un écart entre ce qui est annoncé et ce que nous allons voir ! » prophétise le socialiste Frédéric Vigouroux, en agitant le fascicule de Martine Vassal. L’ambition sociale affichée dans le livret jaune est l’aspect qui fait le plus tiquer les élus des deux groupes socialistes, l’un guérino-compatible, l’autre pas. « Vous avez de jolies phrases, de beaux discours, mais permettez-moi de ne retenir que ce qui a été fait » estime Benoît Payan, président du groupe socialiste et écologiste qui rappelle les coupes budgétaires des derniers mois.

Notamment la suppression de la prime de Noël et de la gratuité des transports pour les bénéficiaires du RSA. « C’est malheur aux pauvres ! »lance l’écologiste Michèle Rubirola qui voit dans le caractère « affable » de Martine Vassal « une orientation de fer dans un programme de velours ». Le rapport d’orientation budgétaire résume bien la vision dénoncée par la gauche : « Le travail et le mérite doivent également être davantage reconnus et récompensés. Notre politique d’aides doit être mieux ciblée sur les classes moyennes et les familles qui en ont vraiment besoin. »

« ÉLECTROCHOC »

La nouvelle majorité n’a certes pas caché sa volonté de coupes budgétairesen brandissant l’objectif de 20% de diminution de ses dépenses, en raison de la baisse des dotations de l’État. Tout en promettant de ne pas augmenter les impôts. Le vice-président aux finances, Didier Réault a assumé à la tribune cette « gestion en bon père, en bonne mère de famille ». Et à René Raimondi (PS) qui lui reprochait de vouloir faire « toujours plus avec toujours moins », Martine Vassal a promis avec la même sérénité qu’elle a conservé tout au long des débats « de la responsabilité » en même temps qu’un budget « ambitieux et courageux ».    

L’équipe de la présidente assure qu’elle vise à provoquer un « électrochoc »pour faire avancer les choses. Pour Benoît Payan, Martine Vassal profite du vide laissé par l’absence de métropole pour prendre le leadership dans son camp. Une tendance qui doit lui dire quelque chose car Jean-Noël Guérini, assis sur la tirelire du CG13, savait se rendre incontournable.

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